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InfirmiÚres praticiennes spécialisée

Une Ă©tude de la Nurse Practitioners’ Association of Ontario sur le champ de pratique des infirmiĂšres praticiennes, publiĂ©e en novembre 2015, indique que toutes les IPS au Canada, sauf au QuĂ©bec, peuvent poser des diagnostics, Ă  diffĂ©rents degrĂ©s. LIBRE DE PENSER QuĂ©bec a exigĂ© des mĂ©decins qu’ils permettent aux infirmiĂšres praticiennes spĂ©cialisĂ©es (IPS) d’initier des traitements pour des maladies chroniques, comme le diabĂšte, chez des patients oĂč elles viennent d’ĂȘtre dĂ©couvertes, mais les mĂ©decins ont refusĂ©. Dans une lettre du 25 aoĂ»t et dont Le Devoir a obtenu copie, le ministre de la SantĂ© et des Services sociaux GaĂ©tan Barrette accentue la pression et demande au CollĂšge des mĂ©decins du QuĂ©bec (CMQ) de reconnaĂźtre l’autonomie de leurs consƓurs, aussi appelĂ©es dans le langage populaire les « super infirmiĂšres ». Le ministre se dit « surpris » que le CMQ ait refusĂ© de consentir Ă  inclure le droit d’initier le traitement pour les maladies chroniques courantes dans le nouveau rĂšglement sur la pratique des IPS, qui est en court d’élaboration. « Nous en avions explicitement fait la demande », rappelle le ministre dans sa missive. « Je rĂ©itĂšre l’importance que ces activitĂ©s fassent partie du champ d’exercice de l’IPS comme cela se fait dans les autres provinces du Canada, ajoute­t­il. Le QuĂ©bec se doit d’ĂȘtre moderne et suivre les grandes tendances canadiennes et mondiales. » Le ministre mentionne Ă©galement qu’il souhaite qu’une IPS puisse signer un congĂ© pour un patient hospitalisĂ© qui Ă©tait sous sa responsabilitĂ©. Il invite les mĂ©decins Ă  « poursuivre les travaux » pour que ces activitĂ©s « soient intĂ©grĂ©es au champ d’exercice de l’IPS ». Le CollĂšge des mĂ©decins a dĂ©clinĂ© l’invitation du Devoir Ă  commenter cette lettre. « Notre position n’est pas finale », a indiquĂ© la responsable des communications du CMQ, Caroline Langis. « Nous ne commenterons pas pour l’instant, car les travaux sont toujours en cours ». Le prĂ©sident du CMQ, le Dr Charles Bernard, a rĂ©pondu Ă  la lettre du ministre, indique Mme Langis, et souhaite que ce dernier en prenne connaissance avant de s’exprimer dans les mĂ©dias sur le sujet. Une question d’accessibilitĂ© ContactĂ©e par Le Devoir, la prĂ©sidente de l’Ordre des infirmiĂšres et infirmiers du QuĂ©bec (OIIQ), Lucie Tremblay, a rappelĂ© que les IPS quĂ©bĂ©coises sont les « mieux formĂ©es au Canada ». « Elles ont tous les outils pour poser les actes, ça nous dĂ©sole qu’on ne trouve pas de point de rencontre avec les mĂ©decins sur ce point, car nous sommes convaincues que ça amĂ©liorait l’accĂšs aux soins. » La notion de « diagnostic » est au coeur du diffĂ©rend entre les ordres professionnels des mĂ©decins et des infirmiĂšres. Le diagnostic est un acte exclusivement rĂ©servĂ© aux mĂ©decins. Lorsqu’elles ont obtenu le droit de prescrire des traitements pour des infections courantes comme des otites, les IPS se sont fait dĂ©lĂ©guer le droit de poser une « impression diagnostique ». La prĂ©sidente de l’Association des infirmiĂšres praticiennes spĂ©cialisĂ©es du QuĂ©bec, Christine LalibertĂ©, explique que le droit d’initier un traitement pour des maladies comme le diabĂšte, l’hypertension, l’hypercholestĂ©rolĂ©mie ou les maladies respiratoires chroniques ferait gagner du temps Ă  tout le monde : patient, mĂ©decin et infirmiĂšre. « PrĂ©sentement, je peux prescrire les examens de laboratoires quand je suspecte une condition. Mais, si les rĂ©sultats arrivent positifs, je ne peux pas l’annoncer au patient. Il doit voir le mĂ©decin », explique l’IPS qui travaille dans un Groupe de mĂ©decine familiale (GMF). « Pendant que ce patient occupe une plage horaire du mĂ©decin, un autre patient aurait pu ĂȘtre vu », dĂ©plore­-t-­elle. « Je prĂ©fĂ©rerais demander l’expertise de mon mĂ©decin partenaire sur des sujets oĂč j’en ai vraiment besoin, avec lesquels je ne suis pas Ă  l’aise. Mais pour les maladies chroniques, nous sommes formĂ©es et les guides de pratique sont trĂšs clairs. » Mme LalibertĂ© croit qu’en acceptant de dĂ©lĂ©guer aux infirmiĂšres et aux IPS les actes pour lesquelles elles ont Ă©tĂ© formĂ©es, les mĂ©decins de famille maximiseraient leurs chances d’atteindre les cibles d’inscription de patient dont ils ont convenu avec QuĂ©bec. « On veut juste Ă©viter de dĂ©doubler les interventions alors que l’objectif est d’amĂ©liorer l’accessibilité », explique­-t-­elle. « Cela ferait une diffĂ©rence majeure tous les jours pour les patients. » L’IPS Isabelle TĂȘtu, qui travaille avec une clientĂšle vulnĂ©rable dans la basse ville de QuĂ©bec, souhaiterait pouvoir commencer des traitements contre la dĂ©pression, par exemple. « J’utilise les mĂȘmes critĂšres diagnostics que les mĂ©decins. Je pourrais trĂšs bien entreprendre un traitement avec un antidĂ©presseur et me rĂ©fĂ©rer au mĂ©decin s’il n’y a pas d’amĂ©lioration ou si le cas est complexe. » « Sinon, on multiplie les consultations et on fait perdre du temps Ă  tout le monde », observe-­t-­elle. Une Ă©tude de la Nurse Practitioners’Association of Ontario sur le champ de pratique des infirmiĂšres praticiennes, publiĂ©e en novembre 2015, indique que toutes les IPS au Canada, sauf au QuĂ©bec, peuvent poser des diagnostics, Ă  diffĂ©rents degrĂ©s. Des professionnelles « autonomes », rappelle le ministre. Dans sa lettre de prĂšs de trois pages, le ministre Barrette demande aussi au CollĂšge des mĂ©decins de rappeler Ă  ses membres que les IPS sont autonomes. Il enjoint au collĂšge d’informer les mĂ©decins du fait que « la supervision mĂ©dicale est prĂ©vue uniquement pour les candidates IPS en attente de leur certification de spĂ©cialiste. Une IPS certifiĂ©e est en mesure de suivre sa propre cohorte de patients en toute autonomie et imputabilité ». Peu importe le lieu d’exercice, « la pratique professionnelle de l’IPS ne doit pas ĂȘtre teintĂ©e par des besoins autres que ceux des besoins de santĂ© des clientĂšles », ajoute­t­il. « Le travail en collaboration avec le ou les mĂ©decins partenaires ne doit pas ĂȘtre un frein Ă  la pratique autonome de l’IPS », Ă©crit­il, et ce, peu, importe « avec quel mĂ©decin » elle travaille. Dans sa lettre, le ministre se dit tout de mĂȘme « ravi » que « certaines contraintes Ă  l’optimisation de la pratique » des IPS aient Ă©tĂ© levĂ©es. En effet, le CMQ et l’OIIQ se sont entendus sur la majoritĂ© des points pour l’élaboration du nouveau rĂšglement. Par exemple, il prĂ©voit l’abolition des listes de mĂ©dicaments, d’analyses de laboratoire et d’examens diagnostic que les IPS sont autorisĂ©es ou non Ă  prescrire, ainsi que le droit pour les IPS de premiĂšre ligne de pratiquer en CHSLD.
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